Archive de la catégorie «Guerre du temps»
22 novembre 2009
Il y a 20 ans les technologies de l’information et de la communication (T.I.C) devaient changer nos vies vers plus de fluidité, de facilité. Elles allaient assurer une baisses des déplacements sinon des marchandises, au moins des personnes puisqu’elles permettraient des ajustements à distance impossible à réaliser auparavant. Le télétravailleur résidant dans son village de l’Aveyron participerait ainsi à l’équilibre du développement du territoire. Connecté à l’internet il ferait le passage entre un monde du travail à distance et une vraie vie ici, authentique, au village. Cette qualité de vie devait se substituer au bruit, à la fureur des villes, à l’anonymat qui y rêgne. Nous n’allions pas assister à un processus inverse à l’exode rural, mais la tendance allait ralentir. Nous allions reprendre la main sur notre maîtrise du temps.
Où en sommes-nous aujourd’hui ?
Les téléphones portables, le web ont porté les mobilités. Les impératifs du marché du travail, l’« employabilité » (qui présente le salarié sous l’angle du micro-entrepreneur en charge de la gestion de sa carrière, de son portefeuille de compétences), les changements intervenus dans nos représentations sociales ont conduit à une explosion des mobilités des personnes (géographiques, sociales, professionnelles, familiales, cognitives) et des marchandises (sous la pression des logiques de just in time). La mobilité est devenue une figure centrale de notre monde contemporain et nous n’avons sans doute jamais eu autant cette impression de manquer de temps. Les conflits d’ordre temporel se développent entre ceux qui travaillent, ceux qui dorment et ceux qui s’amusent. Une partie de la population est “invisible” du fait même qu’elle travaille en décalage horaire. Elle trouve difficilement des représentants dans l’espace politique et doit s’adapter au monde qui change sans pouvoir s’appuyer sur des aides qu’une vision plus solidaire, plus coopérative du monde seraient susceptibles de lui apporter.
De quoi parle t-on lorsqu’on évoque les politiques temporelles ?
D’abord on pense à une action publique ou parapublique qui se propose d’agir sur les rythmes du temps de territoires (en tant qu’espaces structurés) ou ceux d’usagers (en tant qu’individus intéressés par une politique publique). Si l’Etat n’a pas à s’immiscer dans la vie intime des habitants et le temps fait partie de cette intimité, pour autant il est légitime lorsqu’il s’occupe de l’articulation des temps. Les collectivités locales peuvent ainsi sensibiliser les employeurs aux enjeux économiques attachés à ces questions. Des salariés stressés par des déplacements difficiles sont aussi des salariés moins attentifs le reste de la journée. Il y a matière à améliorer la qualité du travail, à limiter les accidents sources d’arrêt de la production.
Ensuite, une action publique locale qui intervient sur le temps vise à optimiser les usages du temps sur son territoire de compétence. Elle a donc pour objet d’améliorer les conditions de circulation des personnes, leurs déplacements, leurs rencontres. Elle cherchera aussi à offrir une qualité d’accès aux services publics (accès horaire, mais aussi cognitif, en complément des accès socio-culturels).
Enfin les politiques temporelles ne visent pas à seulement optimiser les usages du temps. Il s’agit pour elles de mener un travail de réflexion et de mise en oeuvre autour de valeurs temporelles. Quel sens donnons-nous au temps ? Comment vivre ces valeurs et les faire vivre ? De ces valeurs découlent les aménagements urbains, les rythmes temporels des territoires, l’organisation interne des collectivités locales.
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10 juin 2009
Le Conseil régional d’Aquitaine a commandé une étude portant sur les modalités de mise en oeuvre du télétravail en Aquitaine.
Le rapport est disponible ici
Le télétravail c’est principalement :
- le “télétravailleur nomade”, celui qui a son bureau embarqué dans son ordinateur portable, sa voiture ;
- le “télétravailleur résident”, celui qui travaille à domicile sans nécessairement se déplacer dans la journée.
Deux réalités de vie professionnelle et pourtant de nombreux points communs.
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3 juin 2009
Comme chaque année l’ANACT organise la semaine de la qualité de vie au travail. Chaque région est riche de rencontres autour de cet aspect trop négligé dans les démarches de production et de recherche de productivité, puisque l’idée domine qu’il ne peut y avoir de travail sans effort. Mais il ne faudrait pas confondre l’effort et la peine, encore moins la souffrance au travail.
Le réseau Anact vous invite du 11 au 19 juin à la 6ème édition de la semaine pour la qualité de vie au travail 2009.
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3 juin 2009
La Fing est à l’origine d’un site web portant sur la ville 2.0. Que pourrait-être la ville à l’heure du numérique ? Comment peut-on penser les articulations temps, mobilités, numérique, culture dans la société de la connaissance qui est déjà là ?
Les axes de travail sont les suivants :
La ville complexe et familière > Peut-on faire en sorte que les dimensions physique, sociale et numérique soient mises au service d’une ville à la fois plus attentive à chacun et plus familière à tous ?
La ville plateforme d’innovations > Si la ville se vit comme une plate-forme d’innovation ouverte, elle a des chances d’être plus attractive, de se transformer en profondeur, en devenant plus durable, plus vivante et solidaire.
Pour une mobilité libre et durable > C’est parce que la mobilité urbaine reste considérée comme un droit et un objectif, qu’elle peut réellement devenir durable.
Le 5ème écran > La ville devient numérique. Les façades et les mobiliers urbains deviennent des écrans. Le trafic routier, les communautés de quartier, les transactions marchandes ou relationnelles, les pollutions, les Vélib’ disponibles, chaque événement est une information qui circule instantanément à travers les réseaux de la ville.
Chacun des axes fait l’objet d’une publication sous forme de petits livres de poche.
Un programme de travail qui nous semble intéressant de suivre et de s’approprier.
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8 avril 2009
Un article lu sur Politis.fr a attiré mon attention au sujet du développement d’une forme de gouvernance en plein développement : la dataveillance. Non pas que le contrôle soit nouveau, mais plutôt qu’il y a ici matière à trouver contacts vers un réseau soucieux de nos libertés publiques à un moment où les frontières entre les temps tendent à s’affaiblir.
Le lien vers l’article
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17 janvier 2009
Le projet à vouloir élargir le nombre de dimanche ouverts pour le secteur de la grande consommation a donc été porté par le Président de la République.
Au delà des divergences de vues, des risques réels de renforcer une société de caddies le dimanche il nous semble que les élus locaux pourraient être plus présents sur ce dossier. En effet, la lecture de l’étude du Conseil Economique et Social consacrée à cette question (Conseil Economique et Social – Publications) laisse entrevoir des difficultés posées par une ouverture le dimanche des grands centres commerciaux aux collectivités locales et en particulier aux communes.
Ouvrir ces grandes surfaces le dimanche c’est une fois de plus aller contre les politiques de revitalisation urbaines que mènent les villes, puisque les activités commerciales en périphérie ne manqueront pas de mettre à mal les actions locales visant à faire venir les habitants en centre ville en utilisant des modes de déplacements doux. Sans parler des bourgs situés à proximité de ces grandes surfaces qui verront leurs petits commerces moins fréquentés puisqu’il est possible d’aller se “détendre” sur les grands parkings… Pour le dire rapidement c’est augmenter le seuil de rentabilité d’opérations déjà coûteuses pour les finances locales et pour autant nécessaires, puisqu’en France nous n’acceptons pas les villes musées.
Un autre problème se pose, celui des effets sur l’environnement de ces ouvertures. Les grands centres urbains sont une plaie pour l’environnement. Ils captent une surface au sol importante, génèrent des pollutions et des émissions de GES non négligeables, appellent des investissements de la puissance publique (équipements routiers, assainissement) qui ne peuvent être placés ailleurs et notamment dans le soutien à l’innovation environnementale dont les USA, avec B. OBAMA, vont affirmer leur leadership. Tout ceci au nom de créations d’emplois fortement discutables. Par ailleurs la nature même des produits vendus dans ces établissements porte atteinte à l’environnement puisque pour venir chez nous ils doivent traverser des miliers de km.
Les produits vendus dans ces grandes surfaces, on le sait, mettent à mal l’emploi local. La consommation qui s’opèrerait dès lors n’ira pas irriguer un tissu économique local, seulement une partie reviendra aux collectivités locales (et une partie minime au regard du chiffre d’affaire qui est généré).
L’extension des activités commerciales le dimanche n’est donc pas seulement l’affaire des élus nationaux. Elle n’est pas seulement une question macroéconomique comme elle nous est présentée. C’est d’abord une question qui se pose au plan local. Il est possible de défendre une ouverture des services publics le dimanche sans qu’elle se traduise, comme par compensation, par la satisfaction des appétits des hommes d’affaires. Mais peut-être faut-il prendre le temps d’y travailler ?
Mots-clefs :Consommation, Dimanche, Mobilités, Ville
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18 septembre 2008
Dans un récent billet du blog Trajectoire fluide, http://www.trajectoires-fluides.com/, Léa MARZLOFF se fait l’écho d’une expérience anglaise de cartes temporelles mettant en relation le prix du logement et la durée des transports. Ces cartes permettent d’arbitrer entre le prix à payer et sa volonté de vivre près de ses propres centres d’intérêt.
Pour ma part, j’y vois la possibilité d’un outil à disposition des agents des collectivités locales pour faire des simulations d’implantation d’équipements publics dans la ville. Les équipements jouant le rôle d’attracteurs temporels on pourrait donc simuler les effets sur les choix des résidents. En jouant sur l’implantation d’équipements périphériques de moindre ampleur il serait sans doute possible d’équilibrer les arbitrages afin d’éviter une captation du territoire par une population homogène et garantir ainsi une mixité des populations.
On savait déjà que la mise en place d’une ligne de tramway agit su le prix du m2, venant donc dans certains cas renforcer des positions déjà bien établies, avec ces cartes il devient possible d’accéder à une vision globale sur la ville, voire une planification temporelle.
Plus d’info ici : http://www.mysociety.org/projects/travelmaps/
Mots-clefs :Cartes temporelles, Fichiers, Identité numérique, Mobilités, Objets, Politiques temporelles, Urbanisme
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